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Renaud

Renaud, sa vie, son oeuvre

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Biographie de Renaud

Renaud Séchan dit Renaud est un chanteur populaire français né à Paris le 11 mai 1952.

Renaud est un des chanteurs les plus populaires en France. Dans ses chansons, il mêle révolte et tendresse, engagement et humour pour critiquer la société, rendre hommage ou tout simplement « se marrer », le tout avec un langage très personnel où l'argot tient une place importante.

Renaud a également joué dans quelques films, dont l'adaptation de Germinal, le roman d'Émile Zola sur les révoltes ouvrières dans les mines de charbon du Nord de la France, et plus récemment dans Wanted où il tient le rôle d'un gangster désabusé.

L'enfance et l'adolescence

Renaud est né le 11 mai 1952 dans le XIVe arrondissement de Paris. Il a un frère jumeau (David), ainsi que quatre autres frères et sœurs dont l'écrivain Thierry Séchan.

Son père, Olivier, originaire d'une famille protestante des Cévennes, est professeur d'allemand et de néerlandais, traducteur et auteur de romans policiers. Il a reçu le Prix des Deux-Magots en 1945 pour Les Corps ont soif. Sa mère, originaire d'une famille de mineurs du Nord, est ouvrière.

Malgré certaines aptitudes, il manifeste très peu d'intérêt pour les études, avec un dégoût particulier pour les cours de gymnastique, et dit lui-même qu'il « commence à fréquenter le radiateur au fond de la classe » à partir de la 6e. Il se fait expulser de plusieurs lycées et sèche très vite les cours pour aller siffloter des chansons de Hugues Aufray et d'Antoine devant les statues du jardin du Luxembourg. Son look s'inspirera toutefois d'un autre chanteur : Ronnie Bird.

Il s'intéresse aux réactions et manifestations pacifistes métropolitaines de 1962 durant la guerre d'Algérie, auxquelles ses parents ont participé. Il s'approche un moment des maoïstes mais en revient assez vite, comme pressentant la tournure que prendrait la « Révolution culturelle ».

En mai 1968, Renaud vit pendant un mois dans la Sorbonne occupée, et participe aux manifestations et barricades. Il fête ses seize ans le 11 mai sur les barricades du quartier latin.

C'est par ailleurs dans l'un des amphithéâtres de la Sorbonne que Renaud croise un étudiant qui commence à chanter avec sa guitare une chanson qu'il avait écrite. Il découvre alors l'écriture de chansons, et rédige sa première chanson, Crève Salope qui a eu un franc succès auprès des autres étudiants. Deux autres chansons, C.A.L. en Bourse et Ravachol, suivent rapidement, toutes encore inédites aujourd'hui.

Les débuts dans la musique

En mai 1968, il écrit sa première chanson dans la Sorbonne occupée : Crève Salope qui deviendra un hymne pour les étudiants en colère. Il faut noter que Renaud regrette cette chanson qui déplut à son père.

En avril 1969, il arrête ses études et commence à faire plusieurs petits boulots. À cette époque, il chante encore uniquement pour amuser ses amis ou draguer. Les chansons sont de lui, mais aussi d'Hugues Aufray ou de Bob Dylan.

En 1971, il rencontre Patrick Dewaere et est embauché comme comédien au Café de la Gare (à Paris). Il joue avec Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille, Henri Guybet et, bien sûr, Patrick Dewaere.

En 1972, Renaud, désabusé, quitte Paris pour Avignon. Il en revient vite face au peu d'avenir que lui offre la ville dans les carrières artistiques qu'il envisage (littérature, poésie, chanson, théâtre).

En 1973-1974, il joue quelques petits rôles dans des séries télé, des petits films… Après s'être fait rejeter lors d'une audition sur scène pour jouer de la musique au Don Camillo, il commence à chanter dans les rues, accompagné d'un copain accordéoniste, Michel Pons. Il y chante le Paris populaire qu'il affectionne tant à travers des chansons de Bruant principalement ou de simples bals musette, mais son répertoire sélargit avec les chansons qu'ils écrit et compose lui-même.

Alors que Coluche joue au nouveau Café de la Gare en 1974, rue du Temple, Renaud comme il le dit lui-même « faisait la manche » dans la file d'attente de 400-500 personnes dans la cour, où il se fait remarquer par Paul Lederman, qui lui propose de venir jouer au Caf'conc' de Paris, en première partie du spectacle de Coluche. Son groupe est appelé les Petits Loulous. C'est là qu'un soir de 1975, deux producteurs, Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim, l'entendent chanter et lui proposent de faire un disque, son premier 33 tours : Amoureux de Paname.

Un soir de juin 1975, il se produit à « La Pizza du Marais » devant un petit public comprenant malgré tout les déjà célèbres Julien Clerc et Maxime Le Forestier, l'auditoire ne sait pas trop quoi penser de ce jeune homme ni très bon chanteur, ni très bon musicien mais quelques journalistes s'intéressent déjà à lui. Renaud, lui, ne croit pas à une quelconque carrière et continue de faire le figurant dans des petits feuilletons ou le mécanicien dans un magasin de moto. Début 1977, il joue même plusieurs soirs dans Le Secret de Zonga, une pièce de Martin Lamotte au café-théâtre « La Veuve Pichard ».

La période loubard

Toujours avec les mêmes producteurs, Renaud sort son deuxième album en 1977 où il abandonne son image de « titi » parisien pour celle du gentil loubard au blouson de cuir. Image qu'il durcira jusqu'à l'album Marche à l'ombre. Nettement plus soigné, l'album se vend relativement modestement mais l'une des chansons phares, Laisse béton, devient vite un tube dans les premiers mois de 1978 et permet à Renaud de se faire découvrir par le grand public. En avril, le « nouveau venu dans la chanson française » triomphe au Printemps de Bourges.

Troisième album de Renaud, Ma gonzesse sort en janvier 1979. Dans la lignée du précédent, Renaud se dévoile néanmoins plus sensible et adepte de l'autodérision. En mars, il affronte sa première grande salle parisienne : le Théâtre de la Ville, salle de huit cents places où il joue à guichets fermés cinq jours de suite.

L'album suivant, Marche à l'ombre, sorti en 1980, est dédié à Jacques Mesrine, criminel français des années 1970 abattu par la police. Plus violent et plus sombre, l'album obtient un fort succès. La même année, Renaud est applaudi par le public et par la presse à Bobino dont Polydor met en vente un double album « live » Renaud à Bobino. La première partie du spectacle, qui était elle aussi assurée par Renaud, sort en album sous le titre « Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons réalistes », Renaud y chante en effet de vieilles chansons du siècle dernier. En 1980, la chanson Hexagone, qui brocarde la France d'alors en la comparant à la « gangrène » qui sévit au Chili comme à Paris (allusion au régime Pinochet), est interdite d'antenne.

Avec Le Retour de Gérard Lambert, enregistré fin 1981, Renaud commence à délaisser son blouson noir, transition entre Marche à l'ombre et Morgane de toi. Devenu père, Renaud préfère s'éloigner de la violence. Peut-être moins achevé que le précédent, les ventes n'égalent pas celles de Marche à l'ombre. Fin 1982, Renaud fait sans le savoir ses adieux au loubard sur la scène de l'Olympia dont un double album « live » intitulé « Un Olympia pour moi tout seul » est édité.

Les années 1980

Pour Morgane de toi, sorti en 1983, Renaud part à Los Angeles et s'entoure des meilleurs musiciens américains tels que Olivier Malnati. Et cet investissement n'est pas vain, Morgane de toi se vend à plus d'un million d'albums en quelques mois. Renaud a définitivement cassé son image, moins agressif, plus écolo, un blouson en jean à la place du blouson de cuir. Il découvre la mer, prend le large et en ressort un tube : Dès que le vent soufflera.

En 1981, Renaud représente 45% du chiffre d'affaires de Polydor. Mais suite à des litiges avec sa maison de disque, il ne renouvelle pas son contrat après Morgane de toi et quitte Polydor pour aller chez Virgin.

L'année 1985 est une année noire pour Renaud. En février, Valérie Lagrange propose à Renaud d'écrire une chanson pour l'Afrique. À l'époque en effet, une sécheresse sans précédent sévissait en Éthiopie depuis plusieurs années, faisant des milliers de victimes. Des musiciens africains et des artistes outre-Atlantique comme Bob Geldof avait déjà réalisé des disques de solidarité mais en France, rien. Valérie Lagrange voit Renaud comme le catalyseur idéal pour faire bouger les artistes. Après quelques hésitations, Renaud accepte, écrit une chanson sur une musique de Franck Langolff et réunit une trentaine d'artiste (parmi lesquels Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Jacques Higelin, Coluche, Julien Clerc…). Parfois boycotté par certaines radios FM, le disque dépasse pourtant rapidement le million d'exemplaires et rapporte plusieurs millions de francs à Médecins sans frontières, l'association bénéficiaire de l'opération.

En août, dans le cadre du « Festival mondial des jeunes et des étudiants », Renaud part donner une série de concert à Moscou, en U.R.S.S.. Séjour globalement positif, Renaud se réjouissant d'affronter un public non francophone jusqu'à l'« incident » du parc Gorki : Devant dix mille personnes (triées sur le volet), Renaud entame sa chanson Déserteur, chanson pacifiste, lorsque trois mille spectateurs se lèvent et quittent la salle. Incident prémédité, probablement par une faction dirigeante peu encline à cette ouverture vers l'Occident, dont Renaud sortit profondément blessé. Ce séjour soviétique lui inspire la chanson Fatigué (paru ensuite dans le futur Mistral Gagnant) qu'il écrit sur un banc de la Place Rouge. Épuisé moralement et physiquement, Renaud quitte l'U.R.S.S. pour l'enregistrement de son prochain album à Los Angeles.

Arrivé dans les bacs en décembre, « Mistral gagnant » sent la désillusion, la désespérance, la nostalgie de l'enfance, transcrivant ses derniers mois difficiles durant lesquels il écrivit les chansons de l'album. L'accueil enthousiaste du public (et de la critique) pour ce disque « inquiet » redonne confiance à Renaud, plus confiant pour sa prochaine prestation au Zénith en début 1986. À côté de ça, un recueil de ses chansons et dessins, préfacé par San-Antonio, lui vaut d'être invité par Bernard Pivot à « Apostrophes », reconnaissance officielle de ses talents d'écrivain.

Mais si sa vie d'artiste est comblée, ce n'est pas le cas de sa vie sentimentale. Renaud s'enfonce doucement dans la déprime : par la remise en question de ses engagements (qui a commencé depuis Morgane de toi) et par le temps qui passe… Et les premiers deuils. Le 19 juin 1986, la mort brutale de son ami Coluche annonce « l'entrée en déprime » de Renaud. En 1988, Renaud dédie son nouvel album « Putain de camion » à Marius et Romain, fils de Michel et Véronique Colucci. La chanson éponyme à l'album est d'ailleurs un hommage à celui qui fut le parrain de sa fille Lolita. L'album sortit sans aucune promotion, décision respectable mais sensible sur les ventes : 750 000 « seulement » soit deux fois moins que le précédent. L'album obtient malgré tout plusieurs Grand Prix.

En 1989, il participe à un grand concert gratuit à la Bastille, avec Johnny Clegg et la Mano Negra, initié par l'écrivain Gilles Perrault en réponse au « sommet » du G7 (depuis renommé en G8 avec l'arrivée de la Russie) à Paris. La même année sort un double album live, « Visage pâle rencontrer public », « Renaud tour 89 ».

De 1975 à 1985, il a enregistré sept albums. Jusqu'en 1995, il n'en enregistrera que trois (plus deux albums de reprises).

L'Irlande, le Nord, et la Belle de Mai

En 1991 arrive l'album « Marchand de cailloux », enregistré en Irlande durant la première guerre du Golfe contre laquelle Renaud a milité (on peut lire au dos du disque 'enregistré pendant leur sale guerre'). Avec des chansons pacifistes, de pêche à la ligne (Tant qu'il y aura des ombres) ainsi que sur les dirigeants socialistes qui l'ont tant déçu (Tonton, le tango des Elus), l'album se vend à peine moins bien que « Putain de camion » mais obtient un Grand Prix de l'Académie du disque Charles Cros.

En mai 1992, il chante cinq semaines durant au Casino de Paris puis consacre le reste de l'année au tournage de Germinal où il joue le rôle de Étienne Lantier au côté de Gérard Depardieu, Miou-Miou, Jean Carmet… En 1980, dans la loge de Bobino, le réalisateur Claude Berri lui avait en effet promis qu'un jour il lui trouverait un rôle au cinéma. En tant que petit-fils de mineur (Oscar, inspiration de la chanson homonyme), Renaud, qui aurait pourtant préféré un petit rôle, ne peut pas refuser. Comme en prélude à la sortie du film, Renaud enregistre début 1993 « Renaud cante el' Nord », album de reprises de chanson ch'ti. Au cours des six mois de tournage de Germinal, Renaud a pu découvrir le folklore des gens du Nord et, par amour de ces gens qu'il considère d'une grande générosité, a décidé de le chanter. L'album lui vaut sa première Victoire de la musique en 1994 dans la catégorie « Album de musique traditionnelle » et se vend à 300 000 exemplaires, bien que Renaud pensait qu'il n'intéresserait que les gens du Nord. Toujours en 1994, il sort un conte pour enfants La petite vague qui avait le mal de mer qui est ensuite traduit en castillan et en catalan.

Suit en novembre 1994, À la Belle de Mai, enregistré à son domicile. Mais le succès commercial n'est pas au rendez-vous pour cet album, malgré quelques succès (C'est quand qu'on va où ?, La médaille, Mon amoureux, À la Belle de Mai). Le concert ainsi que la tournée qui suivit sont enregistrés sur le double album live Paris Province et sur DVD. À partir du 1er mai 1995, peu avant les élections présidentielles en France, Renaud se produit à la Mutualité, symbole des grands meetings de la gauche.

Cette même année 1995, Renaud enregistre un album de vingt-trois chansons de Georges Brassens. Depuis la mort de celui-ci en 1981, beaucoup espéraient que Renaud, son « héritier » le plus évident, lui rende un jour hommage.

Mais pour Renaud (et surtout pour ses maisons de disques), cette année 1995 est aussi l'année de toutes les « compiles ». Comme pressentant qu'on ne l'entendrait plus de si tôt, Polydor et Virgin, ses deux maisons de disques, sortent coup sur coup « The meilleur of Renaud 1975-1985 », « The meilleur of Renaud 1985-1995 » et une double compilation « The very meilleur of Renaud », l'ensemble se vend 800 000 exemplaires. Puis en novembre sort « L'intégrale Renaud » contenant trois albums inédits.

Le passage du « Renard »

Voilà quelques années déjà que Renaud s'enfonçait dans la dépression. Nostalgie du temps qui passe, perte de ses idéaux, une longue période de silence commence en 1995 et ne se terminera qu'en 2002, avec d'innombrables rechutes. Renaud a toujours été un nostalgique de son enfance et fataliste quant à l'avenir (J'ai la vie qui me pique les yeux, Mistral Gagnant), et la perte de plusieurs amis proches comme Coluche l'affectèrent beaucoup. Au fil des années, et malgré un soutien constant de sa femme (qui, selon la famille Séchan, « portait Renaud à bout de bras »), Renaud céda à sa mélancolie. Pris dans l'alcoolisme, la solitude et le cynisme, Renaud y perd son grand amour, Dominique, qui le quitte en 1999 et l'inspiration. Il s'installe alors avec son frère Thierry au dessus de la brasserie La Closerie des Lilas, qui devient son quartier général.

Devenu l'ombre de lui-même, ses quelques apparitions le montrent bouffi par l'alcool, les yeux cernés. En 2001, il reçoit une « Victoire de la musique pour l'ensemble de son œuvre », ce qui, dans un sens, peut revenir à le considérer à la retraite. Conscients de l'urgence, ses musiciens Alain Lanty et Jean-Pierre Bucolo, l'embarquent dans une tournée thérapeutique « Une guitare, un piano et Renaud », marathon de 200 dates, qui lui fera réaliser l'amour que lui porte encore son public, indéfectible malgré les performances vocales catastrophiques du chanteur. Un an plus tard sortait son onzième album.

En mai 2002, un nouvel album apparaît donc dans les bacs plus de dix ans après le dernier enregistrement de matériel original du chanteur énervant : « Boucan d'enfer » se vend à plus de deux millions d'exemplaires, fruit d'un matraquage médiatique inédit depuis « Mistral Gagnant ». Mis en musique par ses amis Lanty et Bucolo, l'album est à l'image des dernières années passées : noir, sans concession . Docteur Renaud, Mister Renard, Cœur perdu, Mal barrés reflètent le purgatoire passé, alors que Elle a vu le loup renoue avec la tradition des chansons intimistes pour sa fille. Après tant d'années, Renaud semble enfin reprendre le dessus sur Renard, son côté sombre rongé par l'alcool. La « Tournée d'enfer » qui s'ensuit connaît quelques rechutes, et la voix n'est pas toujours au rendez vous, mais remporte malgré tout un vif succès ainsi que le DVD issu de la tournée.

La Renaissance

En 2002, il rencontre la jeune chanteuse Romane Serda à la Closerie des Lilas qui devient rapidement la nouvelle femme de sa vie. Ayant retrouvé l'amour, il parvient enfin à sortir de l'alcoolisme et à sentir renaître son âme de militant. Depuis 2005, il lutte activement pour la libération d'Ingrid Bétancourt et organise le 23 février 2006, à l'occasion des quatre ans de détention de l'otage, un grand concert au Zenith de Rouen réunissant de nombreuses personnalités. Cette même année, il engage un combat contre la corrida et pour la réintroduction des ours dans les Pyrénées.

C'est le 2 octobre 2006 que sortent simultanément son douzième album intitulé « Rouge Sang » et une version collector de celui-ci. Cet album est une sorte de renaissance pour un Renaud que certains de ses fans pensaient avoir perdu pour toujours, tant Boucan d'enfer était l'œuvre d'un autre personnage, cynique, désabusé, et plus consensuel. Ici, il revient de nouveau engagé dans l'actualité. La critique est mitigée sur Rouge Sang. Bien que l'ensemble de la presse célèbre le « retour à la forme » du chanteur après toutes ces années noires, de nombreux journaux (dont Le Monde et Télérama) considèrent que la plume de Renaud s'est considérablement émoussée.

Illustré par Killofer, jamais aucun album de Renaud n'avait encore contenu autant de chansons : 24 sur l'édition collector. Durant la tournée médiatique, Renaud enregistre une double-pub où, non sans humour, lui et Vincent Delerm (qu'il cite dans Les Bobos, une des chansons phares de l'album) vantent leurs albums respectifs.

Sa vie privée

En 1980, Renaud a eu une fille, Lolita Séchan, de son mariage avec Dominique. Il lui a dédié plusieurs chansons, dont les plus connues sont Mistral gagnant et Morgane de toi. Elle est actuellement étudiante en cinéma, et a entre autres réalisé un vidéoclip pour son père. En 2005, elle sortait un conte pour enfants, Les cendres de maman. Depuis mi-2006 elle travaille en tant que scénariste sur un projet de bande-dessinée et tient un blog (http://www.sblorf.com). Elle a également réalisé le making-of du clip 'Arrêter la clope' en novembre 2006.

Il s'est remarié en août 2005 avec Romane Serda avec qui il a eu un garçon, Malone, né le 14 juillet 2006 (ses deuxième et troisième prénoms sont Olivier, en hommage à son père, et Oscar, en hommage à son grand-père) pour lequel Renaud a écrit une chanson.

Principales chansons

Les chansons engagées

* Société, tu m'auras pas ! : chanson où il attaque d'anciens chanteurs engagés qui selon lui se sont fait corrompre par la société. On peut aussi la prendre au premier degré, et entendre le narrateur de cette chanson comme le jeune Renaud lui-même.
* Hexagone : raillerie corrosive sur les traditions populaires et la bêtise des Français (interdite d'antenne en 1980).
* Banlieue Rouge : tableau moqueur de la vie en Seine-Saint-Denis au début des années 1980.
* Camarade bourgeois : tirade ironique contre les « fils à papa ».
* Où c'est que j'ai mis mon flingue ? : réquisitoire nihiliste contre les « journaleux ». Il faut néanmoins savoir que Renaud regrette d'avoir écrit cette chanson, et ne veut donc plus la chanter. Chose qui pourrait changer puisqu'il en a écrit la suite qui figure sur son dernier album.
* La blanche : il soutient son ami Michel (contrairement à ce qui est fréquemment dit, il ne s'agit pas de Coluche mais de Michel Roy, compositeur de Baston !) qui plonge dans la drogue.
* Deuxième génération : les aventures de Slimane qui vit « à la Courneuve ». État des lieux de l'intégration des enfants des immigrés d'Afrique du Nord. (On peut remarquer que cette chanson, écrite au début des années 1980, est maintenant datée : peu de jeunes beurs jouent aujourd'hui du hard rock : ils se sont désormais mis majoritairement au rap).
* Déserteur : chanson antimilitariste, inspirée du classique de Boris Vian, Le Déserteur.
* Miss Maggie : à l'origine, la chanson se voulait contre la catastrophe du Heysel, provoquée par les hooligans de Liverpool puis elle est devenue un hymne pour les femmes et une charge particulièrement agressive contre Margaret Thatcher.
* L'aquarium ; Lolito Lolita ; Pourquoi d'abord ? : critique désabusée des curés, des militaires et des journalistes.
* Le tango des élus : « Et dire que chaque fois que nous votions pour eux, nous faisions taire en nous ce cri 'Ni Dieu ni maître' dont ils rient aujourd'hui, puisqu'ils se sont fait dieu, et qu'une fois de plus, nous nous sommes fait mettre. Et puis c'est tout ! ». Selon Renaud, c'est une « chanson courte, mais suffisante ».
* La médaille : chanson antimilitariste qui fut censurée. France Inter fut poursuivie en justice pour l'avoir diffusée.
* Manhattan-Kaboul : chanson écrite immédiatement après les événements du 11 septembre 2001 à New York et chantée en duo avec Axelle Red. Chanson la mieux vendue de sa carrière en single, elle marque son grand retour sur la scène française après sa période sombre.
* Les bobos : single de lancement du nouvel album sorti en octobre 2006, brocardant les « bourgeois-bohèmes » dont il reconnaît in fine faire partie.
* Elle est facho : le texte décrit une lepéniste vivant en banlieue et finit par la pointe « …qui vote Sarko ». Cette chute (qui n'était pas prévue initialement) a fait couler beaucoup d'encre dans des articles qui la sortaient du contexte de la chanson.

Amoureux de Paname

* Amoureux de Paname : ode à l'urbanité et pied-de-nez aux « écologistes du samedi soir ».
* Écoutez-moi les Gavroches : hymne aux titis parisiens, à « tous les gamins de Paris ».
* Le blues de la Porte d'Orléans : déclaration d'indépendance du XIVe arrondissement.
* Rouge-Gorge : hymne au Paris de Robert Doisneau « Prolo ordinaire, peuple de Paris, Rouge-gorge est fier d'être né ici ».

Les chansons du loubard

* Laisse Béton : histoire des déboires (vestimentaires) d'un loubard non sans humour.
* Je suis une bande de jeunes et La bande à Lucien : deux oraisons funèbres du mouvement loubard.
* Adieu minette : l'amour impossible entre un « mariole » et une « fillette à papa » de Neuilly.
* Dans mon HLM : Renaud décrit en termes sarcastiques tous les gens que l'on peut rencontrer dans une HLM. Il y développe une des rimes les plus riches de la chanson française (« …et la môme du huitième, le hasch elle aime »).
* Marche à l'ombre : Renaud joue un petit loubard malingre qui renvoie tous les gens « bizarres » qui entrent dans son bistro. Cette chanson est aussi le thème du film Marche à l'ombre avec Michel Blanc comme acteur protagoniste.
* Ma gonzesse : chanson d'amour d'un « mec » au « blouson clouté » à sa copine. La « gonzesse » de la chanson deviendra la première femme de Renaud.
* C'est mon dernier bal : une bande de loubard se rendent à un bal où ils provoquent une pagaille se terminant avec l'arrivée des policiers « à grands coups de manche de pioche, une fracture, ça dessaoule »…
* Chanson pour Pierrot : le loubard Renaud adresse son désir de devenir père.
* Les aventures de Gérard Lambert : un caïd en mobylette rencontre le Petit Prince (référence à Antoine de Saint-Exupéry).
* Le Retour de Gérard Lambert : une version moderne du conte du Petit chaperon rouge.
* Baston ! : la violence « c'est peut-être con, mais tout est con ».
* Manu : une chanson où Renaud réconforte 'Manu', un ami loubard qui sort d'une rupture : « une gonzesse de perdue, c'est dix copains qui reviennent »…. Emmanuel étant son deuxième prénom, Renaud parle en fait de lui, sa femme n'étant à l'époque que sa copine était tenaillée entre deux 'amoureux' dont l'un était Renaud.
* Où c'est qu' j'ai mis mon flingue : une chanson où on voit la révolte de Renaud envers les journalistes, les policiers, le vote, les militaires et plein d'autres.
* Société tu m'auras pas : Une de ses chansons les plus... contre la société, une des plus engagées (il se réclame de la Commune de Paris de 1871).
* Fatigué : Incompréhension de l'Homme dans tout les massacrés qu'il a fait. 'Responsable anonnyme de tout ce sang versé'.

Les chansons comiques

* La jeune fille du métro (reprise) : petite valse légère sur un air de gentille guinguette avec quelques tournures sympathiques et distrayantes. Les rimes ne sont jamais celles que l'on attend

* Les auto-tamponneuses : première apparition de la pépette

* Le retour de la pépette : ... qui s'en va en vacances

* Chanson dégueulasse : …mais chanson d'amour

* Ma Blonde : Chanson drôle dans le sens des Blondes

* Tu vas au bal ? : chanson humoristique qui, sur un rythme très rapide, décrit une bande d'amis ne voulant rien faire.

* It is not because you are : « on my mob, it was super », chanson humoristique en franglais sur l'amour entre un Français et une Anglaise (« C'est pas parce que you are me qu'I am you »).

* Pochtron! : 'c'est l'heure, il me faut mon biberon', chanson qui raconte les déboires alcooliques de Renaud (sans tout ce que cela a provoqué ensuite).

* Touche pas à ma soeur : Chanson contre les boysbands et autres chanteurs chantant pour le succès et l'argent. Moqueries sur les journalistes de radio. Chanson pleine de naïveté, de colère et de surprises.

* Cent ans : Chanson d'un vieux pas si vieux. Sur un fond de musette, un centenaire qui nous raconte sa vie, en fait, un rêve pas encore réalisé.

* Viens chez moi, j'habite chez une copine : Chanson du film Viens chez moi, j'habite chez une copine. Les paroles retracent la personnalité du 'héros' du film: dragueur, squatteur, etc.

* Etudiant - poil au dent : Chanson du premier album, contre le système universitaire de l'époque, contre les médecins, les avocats et bien d'autres. On y voit un Renaud un peu bohème.

* Mon amoureux : Chanson de Lolita à son père. Elle veut lui présenter son amoureux et le compare avec son père. On y voit les défauts de Renaud et peut-être les espoirs de Renaud sur le 'futur' copain de Lolita.

La famille

* Mon beauf : chanson où il utilise l'archétype du beau-frère pour dénoncer sa vision de la bêtise humaine.
* Ma gonzesse : chanson d'amour pour sa copine Dominique (devenue ensuite sa compagne pendant plus de 25 ans)
* Chanson pour Pierrot : chanson pour le fils qu'il rêvait d'avoir.
* En cloque : chanson qui raconte la grossesse de sa première « gonzesse » et comment il le vit.
* Morgane de toi : chanson d'amour sur sa fille qui venait de naître.
* Mistral gagnant : chanson nostalgique où il raconte son enfance à sa fille dans la France des années 1950… et les friandises qu'on y mangeait («… et les vrais roudoudous qui nous coupaient les lèvres et nous niquaient les dents… et les Mistral gagnant »).
* Oscar : chanson où il parle d'un homme ayant travaillé dans les mines puis à l'usine en région parisienne. Renaud semble avoir une grande estime pour Oscar, qui est en fait son grand-père maternel.
* Il pleut : chanson qu'on peut d'abord prendre pour une simple histoire de rupture (« tu peux pas t'casser, il pleut ») mais à la fin de laquelle on se rend compte que Renaud s'adresse à sa fille (« et puis d'abord, ça suffit, on se casse pas à six ans et demi »).
* Marchand de cailloux : tentative d'explication du monde des années 1990 par sa fille en pleine pré-adolescence (« J'veux partager mon McDo avec ceux qui ont faim »).
* Mon amoureux : discours de Lolita à son père qui décrit ici son gendre idéal : « T'en fais pas Papa, mon amoureux tu l'aimeras ! ».
* C'est pas du pipeau : Renaud met en garde sa fille contre les dangers du monde des adultes qui ne sont pas que des contes.
* Elle a vu le loup : chanson à propos de la première relation sexuelle d'une copine de sa fille à 15 ans et les regrets possibles d'une relation si précipitée.

Hommage

* Les charognards : Le 5 décembre 1975, un hold-up avec prise d'otages, dans une banque de la rue Pierre Charon à Paris, finit mal pour ses auteurs. Renaud, présent sur les lieux, mettra sur papier dès qu'il sera retourné chez lui, les commentaires des « honnêtes » gens (les « charognards ») se regroupant autour des corps des voleurs.
* Putain de camion : le célèbre hommage à Coluche qui a trouvé la mort dans un accident de la route.
* Ma chanson leur a pas plu (suivie d'un deuxième opus portant presque le même titre quelques années plus tard) : exercice de style dans lequel chaque couplet est écrit à la manière de l'un de ses confrères (Bernard Lavilliers, Jean-Patrick Capdevielle, Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel…)
* Mon bistrot préféré : chanson nostalgique où Renaud évoque quelques grands disparus qui l'ont inspiré (Georges Brassens, Serge Gainsbourg, René Fallet…).
* P'tite conne : Chanson pour la fille de Bulle Ogier, Pascale, morte d'une overdose dans les milieux mondains.
* Jonathan : hommage à Johnny Clegg qui lutta contre l'Apartheid en Afrique du Sud.
* Rouge-gorge : hommage à Robert Doisneau.
* Tonton : hommage critique à François Mitterrand.
* Baltique : hommage au chien de François Mitterrand tenu hors de l'église pendant la cérémonie des funérailles.
* Dans la jungle : hommage aux otages de Colombie (notamment Ingrid Bétancourt et Clara Rojas). Divers concerts de soutien furent mis en place après la sortie de cette chanson traduite en plusieurs langues (notamment par Melingo en espagnol). Renaud interprète la chanson en espagnol dans l'édition double de l'album Rouge Sang.
* Elsa : hommage à une de ses amies et de ses plus grandes fans qui l'a aidé lors de sa traversée du désert, Elsa, dont le grand frère, Lucas, s'est suicidé à 20 ans.

Musiques de film

* Viens chez moi, j'habite chez une copine de Patrice Leconte
* Marche à l'ombre de Michel Blanc
* P'tit déj' blues
* Fallait pas !... de Gérard Jugnot (chanson critique sur les sectes et les religions)